Le Plan de Bayrou : La France, victime de son État-Providence

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Le Plan de Bayrou : La France, victime de son État-Providence
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Une croissance trop élevée et non maîtrisée, crée une chute irréversible. Des dépenses publiques trop lourdes avec une dette incontrôlable et parfois imprévisible, entraînent forcément un déficit budgétaire. Un peuple trop chouchouté, trop engraissé, coûte plus cher à son Etat qui l’entretient, que sa force de travail et sa valeur marchande ne servent à ce peuple lui-même. Un peuple trop entretenu, est un peuple qui se complaît dans une zone de confort créé par son propre Etat, dont le but n’est rien d’autre que de le maintenir dans un semblant de confort tout en le faisant travailler encore plus et en l’appauvrissant davantage.

Le 8 septembre 2025, le chef du gouvernement français, François Bayrou va essayer de faire adopter par l’Assemblée nationale, son Plan de redressement des finances publiques, qui va permettre à l’Etat de faire une économie budgétaire de 43.000 milliards d’euros. Pour faire ces économies, les mesures envisagées sont les suivantes : Réduction des dépenses de santé ; Restriction des dépenses de fonctionnement ; Gel des prestations sociales/retraite ; Suppression de jours fériés (lundi de Pâques et le 8 mai) ; Réforme de l’assurance chômage ; Recettes nouvelles dans les niches fiscales. Si ce plan est adopté, il pourrait être une solution ponctuelle mais il ne sortira pas définitivement la France de l’impasse économique et sociale. Car la France est avant tout malade ou victime de son État-Providence.

La France croit que son économie est stagnante ou décroissance et qu’il faut passer par des économies budgétaires pour sortir de l’impasse. Mais à mon humble avis, c’est plutôt le modèle économique et social qui a atteint son pic de croissance et qui exige un nouveau paradigme.
Aujourd’hui la France ne maitrise plus sa démographie sociale qui est certes toujours laborieuse mais au fil des années, cette démographie sociale est devenue de plus en plus exigeante. Voici un pays qui a réussi à construire pour son peuple, un modèle d’Etat-Providence, très généreux, parmi les plus développés au monde, entre autres, la santé publique universelle, les allocations familiales, l’aide aux chômeurs, l’aide aux logements sociaux, etc.

Déjà, à la fin du XIX siècle, les prémices de la protection et de la sécurité sociale, ont vu le jour, notamment la loi de 1893 pour l’assistance médicale gratuite ; la loi de 1898 pour les accidents de travail ; la loi de 1910 pour les retraites ouvrières et paysannes. Ensuite entre les deux guerres mondiales, a eu lieu la création d’un système d’assurances sociales obligatoires (maladie, vieillesse, invalidité, décès) pour les salariés à revenus modestes. Sans oublier la création de la Sécurité Sociale qui couvre l’ensemble de la population contre les risques sociaux notamment la maladie, la vieillesse, la précarité famille, les accidents de travail, etc.

Le tournant majeur de l’Etat-Providence a amorcé à partir de 1945, après la deuxième guerre mondiale, durant la période des trente glorieuses, lorsque l’Europe dévastée, s’est reconstruite grâce au PLAN MARSHALL. C’est à partir de cette période des trente glorieuses que la France s’est fortement réindustrialisée, après avoir subi la destruction massive de ses infrastructures, ses usines et voies ferrées et villes bombardées par Hitler et sa bande.

Durant ces trente glorieuses, l’économie était en plein essor, le progrès technique visible de partout, transformant les modes de vies. Le pouvoir d’achat s’est libéré, donnant accès aux biens de consommation (voitures, télévisions, électroménager, biens d’équipements). Le transport de masse explose sans compter la sécurité alimentaire maîtrisée grâce à une agriculture mécanisée. Durant ces trente glorieuses, les progrès sociaux étaient visibles partout notamment la généralisation de la sécurité et protection sociale, l’amélioration des conditions de travail et l’élévation du niveau d’éducation, partout des écoles et universités d’excellence. Le chômage était quasi inexistant. C’était le plein emploi avec une croissance économique rapide environ 5% par an en moyenne. L’Etat-Providence a joué un rôle actif dans la redistribution (réduction des inégalités et la protection contre les risques sociaux) et la régulation (stabilisation de l’économie, protection des travailleurs et investissements durables).

Le peuple français qui était si bien entretenu avec des soins de qualité à faire pâlir les envieux, se retrouve à perdre progressivement les avantages des trente glorieuses. Ah tient ! Pourquoi ? Quelles en sont les causes profondes ?

Aujourd’hui en 2025, avec l’enchevêtrement des crises sociales, économiques et financières, en plus de celle de la Pandémie Covid-19, la France ne maitrise plus ses finances publiques à cause justement des dépenses incontrôlables et imprévisibles et surtout celles incompressibles et autres subventions allouées aux secteurs en difficulté. C’est le revers de l’Etat-Providence. En fin de compte, la France qui avait une forte croissance économique mais non maitrisée, n’en peut plus. Elle est malade de sa générosité pour son peuple certes travailleur mais trop chouchouté par son Etat. Faute d’équilibre budgétaire, pour compenser l’écart, l’Etat est toujours obligé d’emprunter plus pour assurer l’Etat-Providence. Or chaque dette est un collier asphyxiant, car chaque perle rajouté au collier, augmente le service de la dette et les taux d’intérêts qui vont avec, sans oublier les 31,5% du PIB engloutis chaque année dans les dépenses de protection sociale. C’est-à-dire, l’ensemble des prestations versées en espèces ou en nature (retraites, santé, famille, logement, exclusion sociale. Tous risques confondus), selon les données de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques). Alors que la moyenne des pays de l’UE est de 26,6%. Ce qui place la France au premier rang européen en matière de dépenses sociales proportionnelles au PIB.

Après avoir fait des recherches pour comprendre la situation actuelle que traverse la France, j’ai compris le parallélisme des causes entre cette situation de crise et l’Etat-Providence. Ainsi, à mon humble avis, pour sortir de cette crise économique et sociale, la France n’a pas d’autres solutions que de refondre l’Etat-Providence en Nation-Collective responsable de la gestion l’Etat et non le contraire.

Je propose au gouvernement français quelques pistes de sortie de cette situation où le serpent se mord continuellement la queue ;

En quoi faisant ? :

•​Rendre gratuit les soins de santé et l’accès à l’éducation, de la maternelle jusqu’en Terminale.

•​Créer un marché des services et des métiers dans les Universités et Centre de formation avec des conditions du plein emploi dans tous les secteurs d’activité primaires, secondaires et tertiaires.

•​Payer les salaires équivalents au niveau d’expérience, d’expertise et de savoir-faire.

•​Faire payer des taxes et impôts sur le revenu et sur chaque métier-profession et sur l’achat et la vente de tous les biens de consommation. Ces fonds permettront de financer l’agriculture. Bio, s’il vous plaît ! C’est pour prévenir les maladies du siècle dues aux OGM.

•​L’éducation et les soins de santé étant gratuits, il devient plus facile d’exiger à chaque citoyen majeur, l’obligation d’avoir un compte d’épargne pour sa propre sécurité et sa protection sociale et qui lui garantit un habitat décent.

•​Ouvrir un Fonds Souverain Collectif, avec ponction obligatoire périodique sur les revenus de chaque citoyen, de l’Etat et ses différents démembrements. Cette ponction se fera au prorata du statut social et sera exclusivement dédié au développement participatif qui prend en charge la construction des infrastructures publiques dédiées à l’éducation, à la santé, à l’innovation, à la sécurité et à l’environnement.

Ces pistes pourront certainement permettre de responsabiliser durablement le peuple français dans la gestion de la Nation-Collective. Car c’est la nation elle-même qui va prendre en main son destin et non être chouchoutée en permanence par un État-Providence qui la met dans un semblant de confort et de sécurité, alors qu’en même temps, ce même État-Providence la fait travailler plus en l’appauvrissant davantage.

Et par ricochet, ces pistes de solutions vont permettre de compresser le service public avec la réduction des dépenses redondantes de fonctionnement de l’Etat, à cause du bis-répétita dans la création des services publics qui élargissent le personnel. Quant au Fonds Souverain Collectif, il va permettre de réduire drastiquement le service de la dette devenu trop asphyxiant et pour l’Etat et pour le peuple Français, à cause justement d’un modèle d’Etat-Providence trop généreux mais difficilement soutenable. D’où le Plan de Bayrou.

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PlumeCitoyenne
MaremKANTE