Souveraineté alimentaire : et si la solution venait des femmes rurales ?

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Alors que le Sénégal se prépare à accueillir les Jeux Olympiques de la Jeunesse 2026, avec leur promesse de “legs social”, une question reste dans l’ombre : comment se fait-il que celles qui nourrissent le pays – les femmes rurales – soient encore les grandes oubliées des politiques agricoles ? Pourtant, elles détiennent la clé de notre souveraineté alimentaire. Le Président Bassirou Diomaye Faye a rappelé que “l’indépendance est une exigence” : exigeons donc que cette indépendance commence par celles qui, chaque jour, cultivent notre avenir.
Aujourd’hui, les femmes rurales représentent 70 % de la main-d’œuvre agricole au Sénégal, mais n’ont accès qu’à 10 % des terres et 1 % des crédits. Elles produisent 60 % des denrées alimentaires, mais leurs droits – accès à la terre, aux financements, à la formation – sont systématiquement limités. Pendant ce temps, le Sénégal dépense chaque année des milliards en importations alimentaires, alors que nos campagnes regorgent de savoir-faire inexploités. Comme l’a souligné le Président Faye, nous avons “le devoir de décider” : décidons que ces inégalités ne sont plus acceptables.
Pour transformer cette injustice en opportunité, trois actions urgentes s’imposent. D’abord, créer un fonds “Femmes Agricultrices” : doter chaque coopérative féminine de microcrédits sans taux et d’un accès prioritaire aux terres via des baux longs. Par exemple, généraliser le modèle des “Champs-écoles paysans” adaptés aux femmes, avec des formations en agroécologie et gestion. Ensuite, lancer un réseau national de coopératives 100 % féminines, avec un label “Produit par les Femmes du Sénégal” pour valoriser leurs produits sur les marchés locaux, dans les cantines scolaires, et même pour nourrir les athlètes des JOJ 2026. Enfin, réinventer l’éducation agricole pour qu’elle soit inclusive : mettre en place des programmes “Filles et Agriculture” dans les lycées ruraux, avec des bourses pour les études supérieures en agronomie, et briser les stéréotypes qui cantonnent les femmes aux rôles secondaires.
Aux dirigeants, je dis : la souveraineté alimentaire passera par les femmes ou ne sera pas. Aux partenaires internationaux, j’adresse un appel : investissez dans leurs coopératives, pas dans nos importations. Aux Sénégalaises et Sénégalais, je rappelle : soutenez les produits cultivés par nos sœurs, mères et filles. Les JOJ 2026 ne doivent pas être une fête éphémère, mais le tremplin d’une révolution agricole féminine et durable. Comme le Président Faye l’a rappelé, “nous avons le droit de choisir” : choisissons de faire des femmes rurales les héroïnes de notre indépendance alimentaire.
Un Sénégal qui donne les moyens à ses femmes rurales de nourrir le pays est un Sénégal qui assume pleinement sa souveraineté. Ne laissons pas les opportunités passer : l’heure est venue d’agir. Nos campagnes regorgent de solutions – écoutons celles qui les portent depuis toujours.
Samba Kara NDIAYE
Président du Parti NADEMS
Membre de la coalition Xarnubi