Le Leur du Tandem Sonko-Moye Diomaye : Une Trahison des Ideaux

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La scène politique sénégalaise vient une fois de plus de nous offrir un spectacle navrant. Celui de l’égo surplombant l’intérêt général. Celui de l’ambition personnelle écrasant les rêves collectifs.
Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye ont porté pendant des années l’espoir d’une jeunesse assoiffée de changement. Ils incarnaient la rupture, la transparence et la justice sociale. Pourtant, aujourd’hui, le divorce est consommé. Avec lui s’effondre un peu plus la confiance dans une classe politique déjà bien discréditée.
Sonko porte une lourde responsabilité dans cette implosion
Il a été le premier à briser l’unité sacrée du PASTEF. Il s’est éloigné des principes qui avaient forgé sa popularité. La radicalisation de son discours, l’intransigeance de ses positions et son refus systématique du dialogue ont isolé le mouvement au lieu de le rassembler.
Sonko a préféré jouer la carte de la confrontation permanente. Il a délaissé celle de la construction patiente d’une alternative crédible. En s’arc-boutant sur des postures maximalistes, il a transformé le PASTEF en un parti de l’opposition systématique. Il aurait dû en faire un projet de gouvernement capable de rassembler au-delà de ses bases militantes.
Son incapacité à gérer les divergences internes et son mépris affiché pour les institutions ont accéléré la fragmentation du mouvement.
Diomaye, le fidèle devenu l’otage
Bassirou Diomaye Faye a longtemps incarné la loyauté absolue. Celle qui pousse à suivre son leader jusqu’au bout du chemin. Mais cette loyauté aveugle l’a conduit à cautionner des choix discutables. Il a fermé les yeux sur des dérives. Il est devenu le symbole d’une soumission qui a fini par étouffer sa propre crédibilité.
Le tandem Sonko-Diomaye était censé être complémentaire. L’un apportait la fougue et la radicalité. L’autre, la modération et la rigueur. Pourtant, cette complémentarité s’est transformée en une relation de domination. Diomaye a souvent semblé être l’ombre de Sonko plutôt que son égal.
Le PASTEF, victime de ses propres contradictions
Le parti est aujourd’hui scindé en deux. Cette division est le résultat logique d’années de gestion clanique. Elle est aussi le fruit du refus du pluralisme interne et du mépris pour les procédures démocratiques.
Sonko a construit le PASTEF à son image. Celle d’un mouvement où la dissidence n’a pas sa place. Où la critique est perçue comme une trahison.
Dans ces conditions, l’implosion était inévitable. Elle laisse un goût amer. Celui d’une occasion manquée. Celui d’un rendez-vous avec l’histoire gâché par l’orgueil et l’incapacité à incarner autre chose que la révolte.
Et maintenant ?
Le Sénégal mérite mieux que ces querelles de personnes. Mieux que ces calculs mesquins. Mieux que cette incapacité à placer l’intérêt national au-dessus des ambitions personnelles.
La désignation d’un nouveau Premier ministre ne changera rien à la défiance ambiante. Si elle ne s’accompagne pas d’une refonte profonde de notre manière de faire de la politique. Il est temps de tourner la page des egos surdimensionnés. Il est temps d’écrire celle d’un engagement collectif au service du peuple.
La leçon de cette crise est claire. Les mouvements politiques qui veulent durer doivent savoir concilier fermeté des principes et ouverture au dialogue. Ils doivent allier rigueur idéologique et pragmatisme gestionnaire. Sinon, ils sont condamnés à répéter les erreurs du passé. Ils sont condamnés à décevoir ceux qui avaient placé en eux leur dernier espoir.
Samba Kara NDIAYE
Président du Parti NADEMS
Coalition Xarnubi