[Immersion] Vie chère : Le combat de Mère Thiama pour cuisiner un thiéboudiène avec 5 000 FCFA

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À Dakar, 5 000 FCFA peuvent fondre en quelques minutes entre les étals d’un marché. Pour le vérifier, nous avons suivi Mère Thiama au marché Castor, avec une mission simple : acheter de quoi préparer un thiéboudiène pour sa famille. Une immersion ordinaire en apparence, mais qui raconte une réalité de plus en plus lourde : celle de ménages qui calculent, renoncent et composent pour simplement remplir la marmite.

​Ce matin-là, Mère Thiama entre au marché Castor avec 5 000 FCFA en poche. Pas un franc de plus.

​Devant les étals, le choix est pourtant immense : poissons, légumes, riz, huile, condiments… Tout ce qu’il faut pour un thiéboudiène semble à portée de main. Mais il suffit de commencer les achats pour que le billet perde rapidement de sa valeur.

​Le poisson. Quelques légumes. Le riz. L’huile. Les condiments.

​À chaque achat, le budget fond. À chaque hésitation, il faut choisir.

​Mère Thiama fait ses comptes, compare, renonce à certains produits. Le panier se remplit, mais pas assez. Le thiéboudiène est toujours possible, mais plus tout à fait comme avant.

​C’est là tout le paradoxe : 5 000 FCFA paraissent être une somme lorsqu’on les tient dans la main. Au marché, ils deviennent vite bien peu de chose.

​Et derrière cette expérience, une réalité dépasse largement le cas de Mère Thiama. À Dakar, pour de nombreux ménages, se nourrir correctement est devenu un exercice quotidien d’équilibriste. Les familles réduisent les quantités, retirent certains ingrédients, changent leurs habitudes et font avec ce qu’elles peuvent.

​Pour les grandes familles, la pression est encore plus forte. Quand plusieurs bouches attendent autour de la même marmite, chaque dépense compte.

​Pourtant, quelques heures plus tard, la marmite fume. Le poisson mijote, les légumes parfument la sauce, le riz absorbe les saveurs. Le thiéboudiène est là, chaud, coloré, appétissant.

​Mais derrière cette belle assiette, il y a une addition : celle des sacrifices.

​Avec Mère Thiama, notre reportage vidéo raconte cette course contre les prix, du marché Castor à la cuisine. Une immersion au cœur du quotidien de ces familles pour qui préparer le plat national relève désormais d’un véritable défi. Et quand remplir la marmite devient un casse-tête, manger à sa faim finit, lui aussi, par ressembler à un luxe.