Xénophobie

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Xénophobie
Guinée,
Sénégal,
Afrique du Sud : le national isme galvaudé
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Je suis parfaitement à l’aise pour parler du nationalisme puisque je m’abstiens toujours à nourrir des sentiments xénophobes et racistes envers quelqu’un. Et au sein d’un groupe d’individus aussi multicolore soit-il, je ne me considère jamais comme « une noire ou une étrangère ».

Ce qui me permet d’aborder le véritable nationalisme avec sérénité, sans le confondre avec le rejet de l’autre.

N’importe où, au Sénégal comme ailleurs, je SUIS avant tout un être humain avec une identité culturelle d’origine sénégalaise. Mais pas 100% sénégalaise car il n’existe nulle part à travers le monde, un humain porteur d’un patrimoine culturel unique sans métissage.

Nous sommes tous issus du Jardin d’Eden, là où Adam rencontra Ève pour la première fois.
Au fil des siècles, à travers des pérégrinations, certainement dues aux conditions climatiques et à la recherche de terres propices, les descendants d’Adam et Ève ont progressivement investi des territoires, les aménageant et les domestiquant pour en faire des lieux de vie.

Prédateurs par essence car guidés par un instinct de survie, les descendants d’Adam et Ève ont créé un système de rapports de force, donnant naissance à des groupes organisés autour de stratégies d’alliances, politiques, géopolitiques, etc.
La suite de l’histoire, tout le monde la connaît.

Il est important de camper ce décor afin de faire comprendre que le nationalisme n’a rien à voir avec le rejet de l’autre. En surfant sur le rejet, on est dans le registre de l’exclusion et de l’ostracisme.

Le nationalisme, c’est d’abord un sentiment fort d’appartenance à une Nation. Et dans un monde géographiquement délimité pour des raisons politiques, économiques, culturelles et même sécuritaires, il est essentiel de s’identifier à une Nation pour se construire.

Aujourd’hui, lorsque je regarde l’Afrique du Sud, ce pays qui a connu l’un des systèmes d’exclusion les plus inhumains de l’Histoire, à l’instar des juifs allemands, j’ai un pincement au cœur en pensant à l’incroyable combat mené par Nelson Mandela. Je me remémore cette forte citation où il disait avec conviction : « “Never, never and never again shall it be that this beautiful land will again experience the oppression of one by another.” …… « Jamais, jamais et plus jamais, il n’arrivera que cette belle terre connaisse à nouveau l’oppression d’un homme par un autre. »

Malheureusement cette conviction n’a pas été suffisamment transmise à la génération suivante Sud-africaine. Celle-là qui était encore dans les berceaux lorsque les véritables défenseurs de la dignité humaine se battaient contre l’apartheid pour la leur liberté.

À regret, faute d’un véritable narratif fédérateur capable d’arriver à bout de la haine, ceux qui ont gagné cette liberté, n’ont pas su nettoyer comme il fallait les poussières de discours d’exclusion incrustées dans les cœurs meurtris par l’apartheid. Ils les ont laissé latentes dans les cœurs ravivant davantage les traumatismes et accentuant les fractures sociales.

Les véritables combattants de l’apartheid qui devraient incarner cette posture sont les premiers responsables de l’ignorance des xénophobes. Ils n’ont pas assimilé la profondeur de cette belle citation de Nelson Mandela.

Car la xénophobie est tout simplement une méconnaissance profonde de l’autre.

C’est tout simplement du nombrilisme exagéré dans un monde où des milliards d’individus coexistent et sont interdépendants les uns des autres, de par leurs modes de vies, les services vitaux qu’ils échangent et les ressources et valeurs humaines qu’ils partagent.

Aujourd’hui, à l’instar de l’Afrique du Sud et du Ghana, le peuple frère de Guinée fait l’objet de xénophobie au Sénégal, principalement à Dakar – la capitale.

C’est peine perdue. Cela ne va pas prospérer. Car il est impensable que le pays de Senghor, de Cheikh Anta Diop, de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, de Amadou Mahtar Mbow, de Baye Niass et de Cheikh Seydil Malick Sy devienne raciste et xénophobe ! Le devenir, revient à annihiler le socle sur lequel est bâti le Sénégal : LA TERANGA.

Rien que ces grandes figures incarnent tout ce qui défend la dignité humaine, la fraternité, l’appropriation de notre identité culturelle sans exclusion et sans rejet de l’autre.

Cependant quiconque connaît véritablement ce que représente l’expression TERANGA, comprendra qu’une nation se construit et s’organise autour de principes, de règles et d’un sens partagé des responsabilités.

Si le Sénégal est reconnu comme terre d’accueil ouverte à toutes les identités, sa TERANGA ne saurait échapper à l’autorité de la loi. Celle qui protège et régit TOUS LES CITOYENS sans distinction.

Protégeons et préservons LE SENEGAL tout en se gardant de verser dans le nationalisme exagéré utilisant un langage qui menace l’équilibre social et expose en même temps nos compatriotes vivant dans un autre pays d’accueil.

Jummah Mubarack aux Peulhs de Guinée et du Sénégal. Combien de fois on m’a prise pour une Peulh de par mes traits physiques, alors que je suis MANDINGUE de père. Bon sang ne saurait mentir. Certainement ma lignée maternelle a croisé cette belle ethnie de l’Égypte antique.

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PlumeCitoyenne
MaremKANTE
Vendredi 4 septembre 2026