Amitié Diomaye-Sonko:

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Amitié Diomaye-Sonko:
Il y’a 600 jours, à travers ma PlumeCitoyenne, j’adressais quelques conseils à ce tandem politique sur le caractère improbable de l’histoire.
Aujourd’hui cette relation semble voler en éclats.
Bonne lecture

Amitié Diomaye-Sonko : Gouverner avec l’improbabilité
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Le 16 novembre 2019, le monde entier apprend l’apparition d’un virus mortel, le Covid-19 à Wuhan dans la province de Hubei en Chine. Un phénomène qui va plonger les populations dans un confinement total, ébranlant ainsi les relations sociales et mettant à genoux le marché mondial avec toutes ces conséquences négatives sur les plans sanitaire, économique, agricole, environnemental, etc.
Aucun secteur dans le monde n’a été épargné par cette pandémie.

Personne n’a vu venir ce phénomène improbable. Au Sénégal, le régime de l’ancien président Macky Sall et son gouvernement ont reçu de plein fouet ce grand chamboulement remettant en question toutes les projections en termes de croissance prévues dans le Plan Sénégal Emergent.

Le confinement obligeant l’arrêt massif des activités professionnelles et sociales, a créé une grande frustration dans cette frange de la population qui exerce dans le secteur informel. Sans revenus journaliers pour nourrir leur famille, durant deux longues années, ces populations ont contenu leur peur et angoisse dans un murmure fulminant et ruminant qui va exploser avec l’affaire “sweet beauté”.

Qui aurait pensé que le Virus de Wuhan allait bouleverser l’agenda du PSE ? Qui aurait pensé que le confinement sanitaire allait se solder par une crise sociale au Sénégal ? La réponse se trouve dans le caractère improbable de la vie.

Car personne n’a vu venir cet embrasement social, ce mois fatidique de mars 2021. Si le confinement dû à la pandémie Covid-19, a été la poudre à canon des événements de mars 2021, l’affaire “sweet beauté” en a été le brin d’allumette qui a mis le feu à la frustration du peuple.

En remontant à 1962, le tandem Senghor/Dia était parti pour un gouvernement de choc : l’un s’occupait des affaires extérieures et l’autre de la politique intérieure. Qu’est-ce qui a causé la divergence entre Dia et Senghor jusqu’à ce que ce dernier soit obligé d’emprisonner son second ? Même Mamadou Dia, dans ses pires cauchemars, n’aurait jamais imaginé que Senghor le mettrait en prison.

Mais la grande question à poser dans ce revirement de situation politique, est de savoir qui sont “ces acteurs sénégalais et étrangers” qui ont joué un rôle majeur dans l’enveniment des relations entre ces deux grandes figures politiques du Sénégal Senghor/Dia ? La réponse se trouve dans le caractère improbable de la vie.

C’est ce même caractère improbable de la vie qui a fait de Bassirou Diomaye Faye, « un improbable candidat » devenu « un improbable président » de la république du Sénégal. C’est ce même caractère improbable de la vie qui, à travers les soubresauts politiques du régime de l’ancien président Abdoulaye Wade, qui a permis à Macky Sall d’être élu quatrième président du Sénégal.

Lorsqu’il était Directeur général de Petrosen, il était quasi impossible d’imaginer que Macky Sall deviendrait un jour président du Sénégal. De même pour Diomaye lorsqu’il était contrôleur des impôts. Sans l’affaire “Sweet beauté” et l’affaire “Mame Mbaye Niang”, il n’aurait jamais été élu président de la République.

Comme le disait Oscar Wilde : “L’homme peut croire l’impossible, mais jamais il ne pourra croire à l’improbable.”
Pourtant, en réalité, tout est improbable dans la vie.

On peut toujours jouer avec les calculs de l’impossible mais jamais avec l’improbable.

Avant son emprisonnement, tout le parti Pastef avait en tête Ousmane SONKO comme président de la République. Pourquoi le destin en a-t-il décidé autrement ? C’est la condamnation pour diffamation dans l’affaire Mame Mbaye Niang – un dossier sans lien avec l’affaire sweet beauté – qui a fait perdre à Sonko son éligibilité.

Revenons maintenant à ce qui fait le titre de cet article. : « Amitié Diomaye-Sonko : gouverner avec l’improbabilité ».

En suivant l’entretien du président Diomaye avec la presse sénégalaise, j’ai vu un président très sûr de lui-même et très confiant quant à sa relation indéfectible avec son premier ministre. Je suis moi aussi convaincue que cette relation est sincère et que, s’il ne dépendait que de Diomaye et Sonko, rien ne pourra ébranler cette “amitié”.

Cependant, étant donné que dans la vie rien n’est acquis et qu’en matière de gestion de l’Etat tout est improbable, et compte tenu de la non-maitrise des facteurs exogènes qui entourent ce tandem amical, en tant que citoyenne, j’exhorte le président Diomaye à gouverner avec l’improbabilité plutôt qu’avec la seule solidité de sa relation avec le premier ministre Sonko.

Pour ma part, que le président ENCOURAGE VIVEMENT son premier ministre à regarder son fauteuil n’est pas l’enjeu véritable de ce mandat présidentiel. Le plus important est de gouverner avec l’improbabilité, aussi bien pour tout ce qui leur sera toujours favorable que tout ce qui leur sera défavorable.

Durant ces 100 premiers jours de leur magistère, des mesures considérables ont été prises par le président et son premier ministre. Certaines ont été saluées et d’autres décriées par les populations. À coup sûr, toutes ces décisions auront des impacts à la fois bénéfiques et négatifs sur les populations.

Mais le plus important est de garder à l’esprit ce qui pourrait advenir des mesures ayant un impact négatif sur les populations ou des actes politiques mal posés qui pourraient conforter le camp de l’opposition. Car l’improbabilité est à la vie ce que l’imprévisible est au peuple, à la politique et à la gestion de l’État.

Bien que j’applaudisse cette amitié sincère entre le président et son premier ministre, pour ma part, je ne considère pas cette amitié comme un gage suffisant de la réussite du PROJET. S’appuyer uniquement sur cette confiance amicale pour piloter l’action gouvernementale serait une erreur.

Je suis plutôt pour la gouvernance avec l’improbabilité. C’est-à-dire avoir la pleine conscience de cet instant invraisemblable qui peut changer radicalement le cours de l’histoire. Etre à l’écoute du peuple pour parer à l’imprévisible. Réfléchir avant d’agir. Mesurer les conséquences des actes avant de les poser.

Car c’est toujours une raison précise qui détermine la survenue d’une situation improbable. Comme ces événements de mars 2021 liés au COVID et à l’affaire “Sweet beauté” qui ont radicalement changé le cours de l’histoire politique du Sénégal.
Comme ces actes posés de part et d’autres par différents acteurs politiques, civils, juridiques qui ont fait qu’un candidat (Diomaye) imprévisible et improbable devienne le 5ème président de la République du Sénégal.

Tout comme ces inconnus qui par leur implication fatidique dans l’apparition du virus Covid-19 ont plongé le monde entier dans un bouleversement inimaginable.

Ce post est une invitation à la culture de la pleine conscience de l’improbabilité.

Comme disait Oscar Wilde : « On devrait toujours être légèrement improbable ».

JUSTEMENT parce qu’au delà de l’indéfectible amitié Sonko/Diomaye, il y’a le caractère improbable de cet imprévisible et insondable peuple sénégalais, composé d’acteurs et d’actrices aussi divers que variés, CHACUN ayant son rôle “incontournable” dans ce qui fait l’improbabilité.

JUSTEMENT parce que personne ne maitrise le cours de l’histoire. JUSTEMENT parce que tout peut être remis en cause à la dernière seconde. JUSTEMENT parce que tout est lié dans ce monde bipolaire confronté à de multiples tensions.

Seuls ceux qui analysent au-delà des apparences peuvent comprendre l’essentiel de ce qui est écrit ici.

One love
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PlumeCityenne
MaremKANTE
Lundi 15 juillet 2024