Mexique : Macron appelle à une lutte contre le narcotrafic respectueuse de la « souveraineté » des nations

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MESSAGE POUR TRUMP•Au Mexique, Emmanuel Macron mise sur un nouvel élan économique et culturel tout en appelant à une lutte concertée contre le narcotrafic respectant la souveraineté des Etats

En visite officielle à Mexico après une étape au Brésil pour le sommet de la COP30, Emmanuel Macron a appelé vendredi à « renforcer la relation économique » entre la France et le Mexique, tout en plaidant pour une lutte contre le narcotrafic respectueuse de la souveraineté des Etats, un message perçu comme une critique implicite des frappes menées par l’administration de Donald Trump dans les Caraïbes.

Aux côtés de la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, le chef de l’Etat a rappelé que « la France est attachée à la souveraineté de tout Etat », estimant que ce fléau devait être combattu « par la coopération entre des Etats souverains et le respect de la souveraineté de chacun ».

Un déplacement pour les intérêts français

Mais l’essentiel du déplacement était économique. « Notre priorité est de donner encore plus de visibilité aux investisseurs des deux côtés », a-t-il déclaré lors d’une réunion réunissant dirigeants français et mexicains, dont ceux de Safran, Alstom, Blablacar et Novair. Le Mexique est aujourd’hui le premier investisseur latino-américain en France, tandis que la France occupe le onzième rang des investisseurs étrangers au Mexique. Le président français a dit vouloir donner « une nouvelle impulsion » à ces relations.

La rencontre a également ravivé un dossier sensible : la restitution d’œuvres précolombiennes conservées en France. Claudia Sheinbaum a rappelé que ces manuscrits, ou codex, « représentent la mémoire vivante du Mexique, la voix écrite de nos ancêtres et la racine profonde de notre identité ».

Difficiles discussions sur le patrimoine

En réponse, Emmanuel Macron a annoncé que le Codex Azcatitlan, gardé à la Bibliothèque nationale de France, serait présenté au Mexique l’an prochain dans le cadre d’une exposition croisée. Un geste qu’il qualifie d’« accord extrêmement respectueux », destiné à « dépassionner ce débat parfois empreint de tension ».