LIMOGEAGE D’OUSMANE SONKO : Le Sénégal se dirige-t-il vers de nouvelles élections ?

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Le Sénégal traverse une crise institutionnelle sans précédent. Le limogeage d’Ousmane Sonko et la dissolution du gouvernement par Bassirou Diomaye Faye, le 22 mai 2026, ont scellé l’échec d’un duo qui, il y a deux ans, incarnait l’espoir d’une alternance historique. Aujourd’hui, le pays se retrouve face à un vide politique et une urgence économique qui appellent une réponse à la hauteur des enjeux.

L’alliance entre Faye et Sonko était fondée sur une promesse : Rompre avec les pratiques du passé et offrir une gouvernance transparente, efficace et au service du peuple (sur notre photo, Ousmane Sonko). 

Pourtant, les divergences personnelles et les ambitions partisanes ont rapidement pris le pas sur l’intérêt général. Les tensions autour de la gestion des fonds politiques, les contradictions publiques entre la présidence et le premier ministre, et l’incapacité à aligner leurs visions ont miné la crédibilité de l’exécutif. Le slogan « Diomaye, c’est Sonko » n’est plus qu’un lointain souvenir, et le Sénégal paie le prix de cette division.

La situation économique aggrave encore la crise. Avec un baril de pétrole à 119 dollars, une dette publique sous surveillance et la suspension du programme avec le FMI, le pays se trouve dans une impasse. Les marges de manœuvre sont étroites, et les mesures impopulaires, comme l’ajustement des prix, risquent d’alimenter le mécontentement social. Dans ce contexte, les consultations nationales lancées par Diomaye Faye, bien que louables dans leur intention, peinent à convaincre. 

Elles sont perçues par certains comme une tentative de gagner du temps, plutôt qu’une véritable volonté de refonte. Pourtant, cette crise peut aussi être une opportunité. Le Sénégal a besoin de nouvelles bases, fondées sur l’unité, la transparence et une vision claire pour l’avenir.  Il ne s’agit pas seulement de remplacer des hommes, mais, de repenser le système politique dans son ensemble. 

La refondation doit passer par un dialogue inclusif, où toutes les forces vives de la nation — partis politiques, société civile, chefs religieux et traditionnels — sont associées à la construction d’un projet commun. Cela implique aussi de tirer les leçons des erreurs du passé : Eviter les alliances de circonstance, clarifier les rôles et les responsabilités au sommet de l’Etat, et placer l’intérêt national au-dessus des ambitions personnelles.

La question qui se pose aujourd’hui est simple : Le Sénégal peut-il se permettre de continuer ainsi ?

Le rapprochement rapide entre Bassirou Diomaye Faye et Emmanuel Macron (comme ici à Nairobi) n’a pas beaucoup facilité l’entente entre le président et son premier ministre.

La réponse est Non. Il est temps d’agir, non pas, pour sauver un pouvoir, mais, pour sauver le pays. Cela passe par des élections anticipées, si nécessaire, pour permettre au peuple de trancher et de donner un nouveau mandat clair à ses dirigeants. Cela passe, aussi, par des réformes structurelles, économiques et sociales, pour redonner confiance et espérance aux Sénégalais.

Le chemin de l’espoir ne peut être tracé que par une volonté collective de tourner la page des divisions et de construire, ensemble, un avenir plus juste et plus prospère. Le temps des tergiversations est révolu. Le Sénégal mérite mieux.

Samba Kara NDIAYE
Président du Parti NADEMS
Membre de la coalition Xarnubi