Dette du Sénégal : OSONS LE DÉFICIT INTELLIGENT

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Dette du Sénégal : OSONS LE DÉFICIT INTELLIGENT
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Aujourd’hui, tout ce que le régime Diomaye emprunte, sera payé demain par le régime suivant qui sera élu par le peuple sénégalais. C’est pourquoi, le grand orfèvre des finances, feu Mouhamadou Moustapha BA, ancien ministre des Finances et du Budget, disait que la dette est intergénérationnelle.
À juste titre ! Car les dettes que le gouvernement Sonko paye aujourd’hui, sont les emprunts du régime Macky Sall et même jusqu’à Senghor.

Campons le sujet avant de l’approfondir.

« En six mois seuls 11,9 milliards ont été dépensés pour l’investissement public, soit moins de 2 milliards par mois, alors que dans le même temps, l’État consomme 27 milliards chaque mois pour son fonctionnement. Ce contraste illustre une priorité donnée aux dépenses de prestige et de confort du pouvoir, au détriment de l’investissement productif attendu par les Sénégalais. »
J’ai extrait ce paragraphe de la lecture du rapport d’exécution budgétaire du deuxième trimestre 2025 par Pape Malick NDOUR.

Allons au-delà de ces six mois d’investissements timorés, car bientôt cinq ans que le Sénégal traverse une situation inédite. Vers la fin du règne de l’ancien régime APR/BENNO, entre 2021-2024, presque toutes les activités de développement économique et social, tournaient au ralenti à cause des soubresauts politiques.

PASTEF arrive au pouvoir. Par soucis de transparence dit-on, le nouveau régime met à l’arrêt les travaux et projets en cours, pour vérification de la gestion des ressources. Dans la foulée, il exhibe les finances publiques supposées être falsifiées par l’ancien régime, avec des dettes cachées. Face à cette situation, le premier ministre Sonko déclare un État en ruine et un pays au quatrième sous-sol. Le FMI interpelé devant ses responsabilités, gèle les crédits et exige le toilettage complet des finances, avant tout décaissement.

Dans plusieurs secteurs du BTP, l’arrêt des travaux entraîna des licenciements massifs. Plus de flux financiers. Tous les secteurs éternuent, l’économie tombe en état de fébrilité. Manque de moyens financiers, causé par le gel des crédits du FMI, les marges de manœuvre de l’Etat deviennent faibles, entraînant le ralentissement de la machine productive qui fonctionne tant bien que mal avec des crédits alternatifs pour supporter le fonctionnement de l’Etat. Beaucoup de dépenses et peu d’investissements productifs. Résultats de course, le chômage endémique s’intensifie. Et à côté, un secteur privé qui peine à réunir les deux bouts. Selon les propos de Alla Sène Guèye du CNES : « Sur les 500 milliards dûs au secteur privé, l’Etat du Sénégal n’a payé que 27,6%. » Quelle conclusion tirer de cette déclaration ? Comment porter la souveraineté si l’Etat peine à payer ce qu’il doit au secteur privé, la locomotive de l’économie ? Quel avenir présager pour les champions industriels du pays et les pme/pmi dans une telle situation d’accumulation de dettes ? Sans compter la reddition des comptes et la traque des biens mal acquis, qui jusqu’à présent n’ont pas encore donné de résultats quantitatifs dans la récupération des biens spoliés à l’Etat du Sénégal. A ce stade, tout citoyen éclairé a le droit de se poser cette question : Oú va le Sénégal ?

Hier, le déficit a été critiqué sur tous les toits, parce que le seuil préconisé par l’UEMOA de 70%, a été dépassé par le régime de Macky Sall. Et pourtant, aujourd’hui, ce même déficit a bondi de 120 % à cause des dettes contractées ça et là, à des taux super élevés sous l’actuel régime Diomaye. Le service de la dette qui était à 578 milliards a bondi de 1057 milliards, soit plus 82%. Et l’investissement productif dans tout ça ?

Devant tous ces faits, sommes-nous en face d’un État qui hésite à financer l’investissement productif, à cause de la psychose du déficit élevé, de l’endettement supposé élevé et de la mauvaise gestion de l’ancien régime ?
N’est-ce pas que l’investissement productif sert justement à faire face au service de la dette lorsque la productivité et l’innovation sont boostées ?

La frilosité du nouveau régime au pouvoir le PASTEF face aux Finances publiques mérite d’être analysée sous cet angle. Car on ne peut pas vouloir une omelette sans au préalable casser les œufs. Comment d’un côté, vouloir d’un Sénégal souverain, émergent et prospère, et de l’autre côté, être timoré avec l’investissement, mais paradoxalement le déficit reste toujours élevé ?
Comment peut-on imaginer une vraie croissance économique pour le Sénégal sans l’apport du FMI et les investissements directs étrangers qui sont incontournnables au financement des politiques publiques ambitieuses telles que les infrastructures, l’éducation, la santé l’agriculture et l’innovation, etc. ?

Si l’Etat se veut prudent, en s’appuyant sur les ressources endogènes pour développer le pays, toujours est-il que pour un pays SOUS-développé comme le Sénégal, l’investissement étranger notamment celui du FMI reste la clé de l’émergence. Assurer la souveraineté et le développement du Sénégal, c’est d’abord OSER UN DEFICIT INTELLIGENT et l’AUDACE DANS LA MOBILISATION DE FONDS pour pouvoir réaliser des projets publics qui créent massivement des emplois et en finalité de la richesse.

Entre la prudence et l’audace, je choisis la deuxième option. Car, la vraie relance économique du Sénégal passera nécessairement par un déficit élevé, articulé sur un INVESTISSEMENT PRODUCTIF STRUCTURANT et non par la ponction fiscale et par la restriction des subventions sur les ressources endogènes.

Le principe premier de la dette, c’est de servir l’investissement productif. Donc l’endettement n’est pas le problème du déficit. Le vrai problème, c’est le mauvais emprunt qui sert uniquement le fonctionnement de l’Etat. Normalement, c’est le bénéfice de l’investissement productif qui doit financer le fonctionnement de l’Etat. Malheureusement, on voit le contraire.

Frantz Fanon a écrit : « Chaque génération doit, dans une relative opacité, affronter sa mission : la remplir ou la trahir. » Notre génération actuelle n’a jamais été aussi intéressée et imprégnée par la chose publique. L’avènement du Pastef sur la scène publique, a mobilisé une jeunesse Sénégalaise FORTEMENT engagée, qui a SOIF DE SERVIR son pays. Ne brisons pas ce rêve.

OSONS LE DÉFICIT INTELLIGENT. La dette d’un pays est générationnelle. Tout ce que le régime actuel emprunte, sera payé par le régime suivant AVEC L’ARGENT D’UN PEUPLE APRENANT ET TRAVAILLEUR. L’essentiel est que cet emprunt serve à créer de la plus-value pour l’actuelle génération et la suivante. Ainsi marche chaque nation, vers un idéal de développement.

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PlumeCitoyenne – MaremKANTE
Lundi 25 août 2025