Les ennemis du Sénégal, ce sont les Sénégalais

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Alpha Blondy, vous permettez ?

J’insiste, je persiste et je signe. Les ennemis du Sénégal, ce sont les Sénégalais.

«  France dégage ! »
« Occident dégage ! »
« FMI dégage ! »

« Bienvenue Abu Dhabi ! » Soit. Mais de quelle manière ? Dans l’opacité ?

Pourtant, on nous a annoncé sur la place publique l’existence d’une dette cachée par le régime de Macky Sall. On a qualifié notre Etat de voyou, accusé d’avoir falsifié les chiffres de la finance publique.

Ensuite, face à la gravité de ces révélations, on a dit que le Sénégal était dans « le quatrième sous-sol », confronté à une dette abyssale de 7000 milliards de francs CFA.

FMI, interloqué par cette annonce, exige davantage de clarté avant le décaissement du fonds dont le Sénégal – figurez-vous – a absolument besoin pour financer ses politiques publiques !
Mais comment libérer ces fonds si l’on affirme que ce qui a été prêté auparavant était falsifié ? Waaw goor ! La grande dame FMI – secrétaire de Macron, de Trump et consorts – gnakul fayda !

Ainsi donc, après cette annonce qui a provoqué un véritable séisme dans le monde de la finance et remis en cause la trajectoire de « SÉNÉGAL 2050 », pour faire face à cette situation de crise – car les urgences de l’Etat n’attendent pas – on nous impose le PRÉS -( Projet des réformes économiques et sociales).

Ce PRÉS est censé mobiliser des ressources endogènes pour financer l’investissement public, réduire les inégalités sociales et valoriser les ressources nationales. Son objectif principal est d’être moins dépendant de l’extérieur.

Mais paradoxalement, dans le même temps, sur deux ans, près de 11.000 milliards de francs sont levés sur le marché régional pour maintenir la tête du Sénégal hors du « quatrième sous-sol ».

Quelle approche versatile ?

Entre le PRÉS de l’actuelle gouvernance et le PRES – Programme de Résilience Économique – de l’ancien régime, il y’a un grand écart.

Si le premier a considérablement
asphyxié l’économie nationale, le second, mis en place, après la pandémie de Covid-19, visait à soutenir les entreprises en difficulté, créer des emplois, préserver ceux existants, renforcer les secteurs clés comme l’agriculture, la santé, le tourisme, l’industrie.

Aujourd’hui,« fourass !!! » pour reprendre le cri du cœur de la cheffe d’entreprise Anta Babacar Ngom, dans l’hémicycle dans sa toge de députée.

« fourass !!! »
Aucun investisseur productif !
Tout est à l’arrêt.

Le pays a sombré dans un attentisme extrêmement inquiétant, au point que même les autorités religieuses sont sorties de leur mutisme le jour de la Korité pour dénoncer la situation économique difficile que traverse le Sénégal.

Où est passé tout cet argent levé sur le marché régional durant ces deux ans de gouvernance ?

En tant que citoyenne, je suis en droit de poser cette question. Car mes parents au village ne cessent de se lamenter sur leur situation précaire loin des commodités dont bénéficie, en premier lieu, Dakar la capitale.

Hier, sous le régime de Macky, on dénonçait que la dette représentait 110 % du PIB. Aujourd’hui elle avoisine 130% du PIB en deux ans seulement.

Et coup de tonnerre – ce mois de mars 2026, FINANCIAL TIMES, le média de référence dans le monde de la finance, alerte les Sénégalais : leur État aurait levé 650 millions d’euros par emprunts non divulgués?

Je ne comprends pas ? Que signifie non divulgués ?

Pourquoi certains députés ainsi que l’opposition fustigent-ils cet emprunt alors qu’ils ont voté la LFI ? Peut-on contracter un tel montant sans passer par une loi de finances ?

Qu’est-ce qui justifie leur colère et leurs craintes ? Que redoutent-ils pour le Sénégal ?

Et la responsabilité des députés dans le vote de cette LFI ? Pourquoi n’ont-ils pas pris le soin d’examiner en détail les contours des montages financiers et les contrats signés au nom du Sénégal ?

Le rôle du député se limite-t’il à voter une loi de finances sans avoir accès aux contrats ni à la provenance
des fonds levés au nom du Sénégal ?

Comment peut-on dénoncer le comportement du régime précédent dans une supposée dette cachée et de chiffres falsifiés, puis faire pire avec des financements opaques qui fragilisent la solvabilité et la crédibilité du Sénégal en cas de choc imprévu ?

Et dire que cet emprunt aurait servi à éviter un défaut de paiement du créances du Sénégal. Bravo pour l’honneur sauvé ! Dans le meilleur des mondes, cet emprunt aurait pu servir d’investissement productif pour relancer notre économie.

Car depuis son indépendance, le Sénégal n’a jamais connu de défaut de paiement. La dette n’est-elle pas intergénérationnelle ? – comme le rappelait le grand orfèvre de la finance – feu Amadou Moustapha Ba (Paix sur toi – Diambar). Car lui et ses prédécesseurs avaient toujours su préserver la crédibilité du Sénégal auprès de ses créanciers.

Ne continuons-nous pas jusqu’à aujourd’hui à rembourser les dettes contractées par Senghor, par Abdoulaye Wade ou Abdou Diouf ?

Alors, à quoi bon annoncer sur la place publique l’existence d’une dette cachée, de chiffres falsifiés, d’un État voyou, si au final « la montagne financière » accouche d’une grosse vache opaque, avec en son ventre, des fonds en provenance d’Abu Dhabi ? Des fonds vautours !

Une vache dont le lait servira à rembourser en premier lieu ceux qui nous ont prêtés leur argent et à engraisser ceux-là, ces concitoyens sénégalais qui ont orchestré, en amont comme en aval, le ficelage de cet emprunt, à coup de commissions sonnantes et trébuchantes.

On en parle de ces commissions ?
J’en ai déjà fait une proposition de loi adressée à l’Assemblée nationale à travers un
article de ma PlumeCitoyenne.
Fourass !!! Un état qui regarde de haut le petit peuple.

Fukk i niit di soul
Fukk i niit dii gas ..

Combien la classe moyenne et les plus pauvres devront-ils encore sacrifier de leurs maigres revenus pour rembourser ces dettes et financer ces commissions ?

Sans oublier que cet emprunt est prioritaire sur les autres créances du Sénégal. Avec un délai de remboursement aussi court, cela revient à enfoncer davantage le pays dans le sous-sol de l’endettement.

Nous voilà donc avec une nouvelle camisole de la dette taillée sur mesure. Et en prime, de lourds nuages sur notre souveraineté !

Fukk i niit di soul
Fukk i niit dii gas ..

Pendant ce temps, où est la préférence nationale ?

Le secteur privé national doit-il se contenter d’être une « vache à lait » fiscale à travers le PRÉS ?

À quoi sert d’avoir des champions économiques s’ils sont relégués au second plan dans le financement des politiques publiques ?

Ne devraient-ils pas être considérés comme de véritables FDI (Forces de l’Investissement ) à l’image de nos FDS (Forces de Défense et de Sécurité), nos vaillants Diambars qui assurent notre quiétude sociale et la préservation de notre territoire national ?

Nos champions économiques et tous ces courageux entrepreneurs sénégalais ne sont-ils pas capables de former un contingent capable d’attirer des capitaux étrangers, de mobiliser leurs réseaux à l’étranger et de promouvoir la destination Sénégal ?

Et la souveraineté tant politisée : se décrète-t-elle ou se construit-elle à travers la participation de tous les sénégalais à l’effort de développement ?

Comment bâtir cette souveraineté avec l’agriculteur qui peine à écouler sa production arachidière et autres produits horticoles ?

Comment consolider cette souveraineté avec le pêcheur qui lutte pour sa survie ?

Avec des étudiants à qui on refuse le minimum requis pour leurs études.
Avec des enseignants en difficulté ?
Avec un système de santé fragilisé par le manque de personnel et de ressources financières ?
Avec le secteur culturel complément en léthargie?

Fukk i niit di soul
Fukk i niit dii gas ..
Fu ñu jem ?

Les ennemis du Sénégal ne sont-ils pas finalement les sénégalais eux-mêmes ?

Au regard de cet argumentaire ci-détaillé, je le pense profondément.

L’ennemi du Sénégal, c’est nous.

Je le continuerai de le penser tant que le niveau de vie de nos populations, notamment dans les zones rurales, ne s’améliorera pas.
Tant que l’argent du contribuable servira d’autres intérêts opaques que les vraies urgences sociales et souveraines.

Fogg ñu di jokkanté loxo ngir liguëeul réew mi. Ndax JUB, JUBAL ak JUBANTI du and ak opacité.

Toute réforme ou toute rupture exclut toute forme d’opacité.

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——/
PlumeCitoyenne
MaremKANTE