COUPS D’ETAT : Sénégal, porte-étendard de la Démocratie

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Ce titre concernant le Sénégal, n’a rien de hautain ni de dédaigneux à l’égard d’aucun pays. Il s’agit d’un constat factuel, objectif et honorable qui se veut toutefois une alerte dans une Afrique de l’Ouest où les coups d’Etat sont devenus récurrents.

Mais avant de poursuivre la réflexion sur le Sénégal comme étant le porte-étendard de la démocratie ouest africaine, posons d’abord le regard sur le principe même de la Constitution.

Si dans une DÉMOCRATIE, la Constitution est la norme suprême d’un pays, c’est-à-dire la loi fondamentale qui organise (1) l’Etat, (2) les lois et libertés des citoyens et (3) les règles du pouvoir et que par conséquent, rien n’est au-dessus de la Constitution, SAUF le peuple souverain qui est le seul à adopter et à modifier la Constitution, ma première question est : qu’est-ce qu’un COUP D’ÉTAT vient faire dans une démocratie ?

Et si le peuple est l’autorité suprême, et la Constitution est l’expression juridique de cette souveraineté, ma deuxième question est : comment un petit groupe d’individus civils ou militaires arrive-t-il à déstabiliser, voire donner un COUP de pied à l’un des piliers de la Constitution, en l’occurrence l’Etat ? Ne trouvez vous pas ce forcing incohérent et illogique d’autant plus que la notion de coup d’Etat n’est nulle part inscrite dans la Constitution ?

N’est-ce pas confus et déroutant qu’un groupe d’individus se permette de balayer l’autorité suprême du peuple, afin de s’octroyer un pouvoir qu’ils n’ont ni acquis démocratiquement et ni légitimement selon la Constitution ?

Certains traités internationaux peuvent avoir une valeur supérieure aux lois, mais JAMAIS à la Constitution. D’où ma troisième question : quelle loi et quel traité autorise un COUP D’ÉTAT, militaire ou civil, dans un pays démocratique régi et stabilisé par la Constitution qui constitue la norme fondamentale de son ordre juridique?

Tout coup d’Etat, perpétré par la force ou la contrainte, est par essence absurde, par le simple fait que c’est le peuple qui élit légitimement le président et non un groupe d’individus. Cela confère de facto au coup d’Etat, son caractère fondamentalement antidémocratique.

Cependant, un coup d’Etat bien qu’absurde par nature en raison de son caractère antidémocratique, peut trouver une forme de légitimité lorsque ceux qui sont censés incarner le principe républicain trahissent le principe fondamental qui constitue la clé de voûte de la démocratie, des libertés et des institutions. D’où la question suivante : quel rôle doit jouer un homme d’Etat ou une femme d’Etat pour assurer la stabilité démocratique de son pays ?

Cette question est d’autant plus fondamentale que la situation politique en Afrique de l’Ouest demeure instable y compris même pour le Sénégal, aujourd’hui le seul pays en Afrique de l’Ouest à n’avoir jamais connu de coup d’Etat depuis son indépendance en 1960. Une fierté nationale pour ce grand pays certes dont la trajectoire historique est jalonnée de soubresauts politiques et conjoncturels mais qui demeure l’exception démocratique en Afrique de l’Ouest. Ce palmarès est le prix d’un effort collectif constant, porté par l’ancrage démocratique du peuple sénégalais et par une tradition éprouvée de transitions pacifiques du pouvoir. Cette tradition repose sur la solidité de ses institutions, incarnées par des HOMMES et FEMMES D’ÉTAT CHEVRONNÉS, imprégnés de la culture de l’administration et résolument attachés à l’Etat de droit.

Pour qui sait lire au delà des lignes, ce statut du Sénégal, comme porte-étendard de la démocratie ouest africaine constitue, à mon sens, un véritable pilier de stabilité pour l’ensemble de la sous-région. Y veiller vaille que vaille comme à la prunelle de nos yeux est le devoir premier de tout citoyen et citoyenne sénégalais.e, mais surtout celui de toute la jeunesse du continent, dépositaire d’une Afrique en transition. Reste alors à déterminer quelle transition s’imposera au regard de la situation géopolitique actuelle.

Arica must be United. L’Afrique doit IMPÉRATIVEMENT s’unir pour bâtir son destin commun. Et cela passe par le respect de la démocratie et de la Constitution, aussi bien par le peuple que par ses dirigeants.

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PlumeCitoyenne – MaremKANTE