Le pays n’a pas besoin de gladiateurs, mais de bâtisseurs

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Le pays n’a pas besoin de gladiateurs, mais de bâtisseurs
Hier encore, Ousmane Sonko a choisi le fracas des mots plutôt que le poids des actes. Dans une sortie brutale, il s’en est pris pêle-mêle à la société civile, à la presse, aux institutions républicaines, et même à la fonction présidentielle elle-même. Un discours d’opposition, tenu depuis les plus hautes sphères du pouvoir. Le paradoxe est total. Et inquiétant.

Car un homme d’État doit savoir garder raison. Le Sénégal n’a pas besoin d’un duel au sommet, mais d’un dialogue au service. Le pays est déjà engagé dans une lutte sans merci contre le chômage, la vie chère, les inégalités territoriales, l’insécurité rampante, et l’érosion de la confiance institutionnelle. Il ne peut se permettre une guerre d’ego, ni une compétition de virilité politique.

Injurier, dénigrer, frapper verbalement tout ce qui ne s’aligne pas, ce n’est pas gouverner : c’est continuer de camper dans le costume d’un opposant que l’on a pourtant quitté. Gouverner, ce n’est pas polariser, c’est apaiser. Ce n’est pas crier plus fort, c’est construire plus juste.

Quand on participe à délégitimer la presse, à miner la société civile, à jeter le doute sur la justice, à désacraliser les forces de défense et de sécurité, il ne faut pas s’étonner ensuite de parler d’un “manque d’autorité” ou de désordre institutionnel. Ce désordre, c’est vous qui l’alimentez. Ce chaos, c’est vous qui le fabriquez.

Un héros ne s’impose pas par l’insolence ni par le nombrilisme. Il se distingue par sa retenue, sa vision, sa capacité à faire passer le pays avant lui-même. Pour être un héros, encore faut-il avoir quitté la scène du bavardage, et renoncé au besoin d’être constamment dans l’arène. Gouverner, ce n’est pas dominer — c’est servir.

Je prefere un Youssou Ndour pour ce pays a la place d’un Troubleur et en vérité le Sénégal n’a pas besoin de gladiateurs, il a besoin de bâtisseurs.
Baba Aidara journaliste d’investigation